Uditis

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Ce projet ouvre des perspectives infinies

10 Février 2015

Michel Perrin

Un consortium de quatre entreprises neuchâteloises est en train de créer un écosystème qui mettra l’Internet des objets à longue distance et à bas débit à la portée des sociétés de toute la région.

L'effet "boule de neige" de l'innovation

«L’Internet des objets (IoT), c’est LE train dans lequel une société de services informatiques comme la nôtre doit absolument monter aujourd’hui! platinn nous a permis de le faire dans des conditions idéales», se réjouit Michel Perrin, directeur général d’UDITIS SA, une PME qui emploie 35 personnes à Peseux. C’est l’effet ‘’boule de neige’’ des projets d’innovation: l’entreprise Semtech à Neuchâtel, spécialisée en électronique, a récemment mis au point une technologie révolutionnaire de communication radiofréquence longue portée et faible consommation entre des objets, intitulée LoRa (pour Long Range). Cette technologie permet aussi la géolocalisation de ces objets (voir focus no 41).

En ce début 2015, dans le cadre d’un projet CTI (Commission pour la technologie et l’innovation), Semtech va installer tout un réseau de ses antennes LoRa sur la ville de Neuchâtel. C’est là qu’UDITIS se joint au projet intitulé EcoReg LoRa (Ecosystème régional LoRa): en fournissant la gestion des données échangées entre les objets et véhiculées par les antennes LoRa. Son directeur Michel Perrin le dit volontiers: «Ces technologies sont révolutionnaires mais extrêmement complexes et encore peu matures. Il faut donc un solide consortium d’entreprises pour y arriver. Le coach platinn François Klaye nous a proposé d’y jouer le rôle d’entreprise pivot. Nous allons gérer les flux d’informations transmis par la nouvelle technologie LoRa à partir de ‘’endpoints’’ (objets) nouvelle génération. Les développements de ces nouveaux objets intelligents (senseurs, capteurs, etc.) seront effectués par deux autres partenaires du projet: Ingecom Sàrl, société du Landeron et Tetraedre Sàrl à Auvernier, déjà actives dans ce domaine.»

Une première mondiale

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Le coach platinn François Klaye annonce une première mondiale: «Avec le site pilote de Neuchâtel, les quatre partenaires du projet EcoReg LoRa seront en mesure de proposer pour la première fois un ‘’kit’’ de géolocalisation d’objets connectés par la technologie de communication LoRa de Semtech. Ce kit comprendra l’électronique pour réaliser l’interconnexion avec les objets, un service de géolocalisation et de gestion des données transmises ainsi que l’interface informatique pour le développement de nouvelles applications. Une véritable opportunité pour les sociétés de services qui souhaitent développer des applications dans le domaine de l’Internet des objets et pour les fabricants et sous-traitants d’électronique embarquée de la région.» Pour faciliter le développement de cet écosystème régional, l’appui financier du Service de l’économie du Canton de Neuchâtel a été sollicité dans le cadre de la Loi fédérale sur la Politique Régionale (LPR). Celle-ci encourage la création de tels écosystèmes.

L’exemple parlant de l’immobilier
Entreprise pivot du consortium, UDITIS est déjà active sur le marché de la surveillance et de la gestion énergétique des bâtiments. La société vend par exemple ses systèmes de gestion d’informations aux gérances immobilières qui sont déjà actives dans le "Smart Metering" via des compteurs d’énergie. Avec l’arrivée de ces nouvelles technologies, les objets intelligents peuvent être autant des compteurs d’eau que des appareils de mesure des températures, des détecteurs de feu ou de portes ouvertes. «Les informations données par ces objets sont tellement utiles qu’on en mettrait partout pour affiner les mesures et mieux réguler la consommation d’énergie. Mais pour cela, leur prix devra être bas», précise Michel Perrin. C’est l’un des buts poursuivis par le projet EcoReg LoRa. En développant des objets communiquant par la technologie LoRa, plutôt que par câble ou par GPRS avec carte SIM, comme c’est le cas actuellement, on en réduit le prix. C’est l’un des points sur lesquels interviennent Ingecom et Tetraedre, partenaires du projet. La technologie LoRa comporte d’autres avantages: elle traverse les murs, elle rallonge l’autonomie des objets grâce à sa très faible consommation d’énergie, elle est pauvre en pollution hertzienne pour la même raison et elle permet en plus de géolocaliser les sources d’informations.

Des nouveaux marchés à l’infini
Du monitoring du bâtiment, on peut imaginer appliquer cette technologie à la recherche d’objets volés ou perdus, à la gestion de parcs de vélos publics ou encore au développement des ‘’City games’’, ces jeux de découvertes en plein essor en milieu urbain. En résumé, les marchés pour cette technologie sont infinis. Sans oublier son incroyable efficacité. Michel Perrin cite ici l’exemple de la navigation: «Avec 4 ou 5 antennes LoRa, on peut sécuriser la navigation sur l’ensemble du Lac de Neuchâtel. Il suffit en effet de quelques balises et d’un bracelet au bras du navigateur. Même plus besoin de téléphone portable.»

L’apport de platinn
«Le Canton de Neuchâtel compte tellement de compétences technologiques et industrielles.» Le coach platinn François Klaye est passionné par le travail d’analyse et de rassembleur qu’implique le projet EcoReg LoRa: «Il fallait un consortium particulièrement fort, donc identifier les compétences nécessaires ainsi que leur complémentarité. Cela exige d’analyser également les stratégies des entreprises concernées, leur modèle d’affaires et leur capacité à coopérer. Ce dernier point est déterminant. Mon expérience de plus de 20 ans sur le terrain et les premières analyses réalisées dans le contexte du projet précédent avec Semtech nous ont permis d’aller très vite dans le choix des bons partenaires.»

L’avis de l’entrepreneur
«Quant il s’agit d’une technologie aussi porteuse, il faut aller très vite. Il faut être dans le train avant sa pré-industrialisation, car là, on se fait dépasser par les grosses structures. Dans le cas présent, il peut s’agir des opérateurs télécoms. C’est sur la proposition de platinn que nous y sommes montés et c’est le travail de François Klaye qui a permis d’aller très vite dans le montage du consortium. Mais c’est aussi notre force à nous, les PME. Nous sommes rapides dans nos décisions et nos développements. Notre problème, c’est les moyens financiers qui manquent.» Pour Michel Perrin, le bilan est clair: «Quand on se risque dans une technologie qui en est encore à un stade pré-compétitif, un soutien financier est nécessaire. Parce qu’il a le potentiel de dynamiser l’économie de toute une région, ce projet légitime une demande de financement public. Enfin, et c’est important, nous avons lancé un concours d’idées. La dimension éminemment créative de ce marché comporte en effet le risque de ‘’la fausse bonne idée’’. Il faudra qu’on croule sous les bonnes idées pour identifier les vrais marchés, les vrais besoins. Nous voulons que cette technologie révolutionnaire rende un vrai service à notre société.»

Pour en savoir plus...

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KLAYE François

Domaines :

  • intervient dans les entreprises pour les soutenir dans leur développement et leur recherche de compétitivité
  • agit sur leur capacité à innover, leur efficacité organisationnelle et leurs méthodes de travail
  • spécialiste du Management par la Valeur

Expérience & formation :

  • consultant en entreprise depuis plus de 15 ans
  • ingénieur en électronique et informatique technique

Langues :

  • français
  • anglais

Coopération

Le service de développement de partenariats et coopération vise en particulier:

  • l’analyse du potentiel des projets d’innovation;
  • la création de partenariats;
  • l’accès aux fonds publics;
  • le montage de projets de coopération (structure, gouvernance, propriété intellectuelle, finance, risques);
  • la négociation des contrats de coopération.
 
 
 
 

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